A la rencontre de la jeunesse des territoires fragiles

Lisez le rapport du comité jeunesse 2018 et cliquez ici

Le comité jeunesse a conduit ses travaux par l’audition de partenaires qualifiés menant des actions d’aide et de soutien en direction des jeunes des territoires fragiles.
Citons en particulier les analyses de notre camarade Farid Oundjeli, président de l’association France-engagement, du colonel Jean-Pierre Metz, chef du Service militaire volontaire, de Valérie Onillon, chef du service Insertion professionnelle et formation de l’établissement pour l’insertion dans l’emploi de Montry (77450) de Denis Beauchard,
président de l’École de la deuxième chance de Paris.

La séance du 17 avril a permis de fructueux échanges avec Didier Leschi, ancien chef du Bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur puis préfet délégué à l’égalité des chances, auteur de nombreux livres et articles sur notre sujet, qui s’est livré à une passionnante et très concrète description de la situation dans le département de Seine
Saint-Denis et à Grigny (Essonne). Il nous a permis de mesurer à nouveau l’ampleur et la gravité des défis auxquels la société de notre pays est confrontée et l’urgence absolue d’agir concrètement.
Le comité pense achever ses travaux d’ici l’été par la rédaction, non pas d’un rapport de plus, mais de recommandations à remettre à l’IHEDN. Il clôturera sa réflexion par la tenue d’une conférence de D. Leschi, le jeudi 18 octobre, à laquelle vous êtes, d’ores et déjà,
cordialement invités.
Maryse Viseur

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Ce comité poursuit ses travaux de manière très suivie depuis janvier, à raison d’une réunion tous les quinze jours, soit sept réunions jusqu’à fin avril.
Il alterne des auditions de personnalités issues d’associations impliquées dans ce domaine (F. OUNDJELI, de «Cohésion sociale», M. CHEURFA, de SciencesPo, l’association «Cap Jeunesse», l’EPIDE – Établissement pour l’insertion dans l’emploi), et un bilan de ces interventions et réflexions, afin de dégager des pistes de travail en vue de la conférence organisée le 23 novembre 2017, dont quelques points forts commencent à prendre forme.
Le comité compte aujourd’hui sept membres, signe que le sujet intéresse beaucoup dans le contexte actuel, et il est toujours disposé à accueillir de nouveaux participants.
Sa réflexion s’oriente autour des idées développées par le philosophe Y. Michaud dans son dernier livre, «Citoyenneté et loyauté»: «Nous vivons clairement une crise de la citoyenneté. Nous ne savons plus ce que veut dire «être citoyen» puisque le seul fait de naître, nous en donne les bénéfices et la protection sans contrepartie… Qu’est-ce qu’être citoyen aujourd’hui? Et à quelles conditions le devenir?

Maryse VISEUR

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COMITÉ JEUNESSE: DE L’ESPRIT DE DÉFENSE À L’ESPRIT DE RÉSISTANCE

L’étude sur la jeunesse, confiée à notre comité par l’IHEDN, doit déboucher sur des actions correctives.
La jeunesse, c’est quelque 760 000 garçons et filles de 15 à 25 ans. À la journée « défense et citoyenneté », environ 8% des jeunes ont des difficultés à lire, écrire et compter. Quelques 100 000 élèves quittent, chaque année, le système scolaire sans diplômes, formant un stock de 2 millions de jeunes “décrochés”. Simultanément, une jeunesse  privilégiée, venant de familles aisées, unies, cultivées, de classes moyennes ou supérieures, habitant de grandes villes, a toutes chances de réussir bonnes études et vie active.

À l’opposé, les défavorisés naissent dans des zones périphériques ou rurales sous équipées, dans des familles mal logées, éclatées, confrontées à plusieurs cultures dont elles  connaissent mal les valeurs respectives. Cette jeunesse risque de vivre dans la précarité,
car il est très difficile de sortir de sa condition, sauf rencontre avec des personnages exceptionnels ou parcours dans un contexte de croissance et de prospérité.

Fin 2017, le Comité a constaté que la plupart des initiatives égratignent la surface des choses, par manque de crédits et de sélection de candidats à potentiel, volontaires et motivés. Les autres ont toutes les chances d’être la proie de recruteurs du crime organisé, de l’économie souterraine, des prêcheurs de la radicalité islamique / salafiste et de créer une hybridation de la menace : la fusion des malfaiteurs politiques et du banditisme de droit commun qui finance le terrorisme avec l’argent du crime.

À cette hybridation de la menace, liée au refus de voir et au déni de réalité, doit correspondre une hybridation des réponses : interdisciplinarité, décloisonnement des bureaucraties, croisement des savoirs, volonté d’agir pour réunifer la France et reconquérir les territoires perdus de la République. La jeunesse privilégiée (ANAJIHEDN) et ceux qui l’entourent (prochain Service national universel), doivent transformer l’esprit de défense, en esprit de résistance.

En juin 2018, une conférence organisée par notre comité à l’École militaire permettra de découvrir les actions correctives qu’il propose.

Maryse Viseur