A la rencontre de la jeunesse des territoires fragiles

Ce comité poursuit ses travaux de manière très suivie depuis janvier, à raison d’une réunion tous les quinze jours, soit sept réunions jusqu’à fin avril.
Il alterne des auditions de personnalités issues d’associations impliquées dans ce domaine (F. OUNDJELI, de «Cohésion sociale», M. CHEURFA, de SciencesPo, l’association «Cap Jeunesse», l’EPIDE – Établissement pour l’insertion dans l’emploi), et un bilan de ces interventions et réflexions, afin de dégager des pistes de travail en vue de la conférence organisée le 23 novembre 2017, dont quelques points forts commencent à prendre forme.
Le comité compte aujourd’hui sept membres, signe que le sujet intéresse beaucoup dans le contexte actuel, et il est toujours disposé à accueillir de nouveaux participants.
Sa réflexion s’oriente autour des idées développées par le philosophe Y. Michaud dans son dernier livre, «Citoyenneté et loyauté»: «Nous vivons clairement une crise de la citoyenneté. Nous ne savons plus ce que veut dire «être citoyen» puisque le seul fait de naître, nous en donne les bénéfices et la protection sans contrepartie… Qu’est-ce qu’être citoyen aujourd’hui? Et à quelles conditions le devenir?

Maryse VISEUR

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COMITÉ JEUNESSE: DE L’ESPRIT DE DÉFENSE À L’ESPRIT DE RÉSISTANCE

L’étude sur la jeunesse, confiée à notre comité par l’IHEDN, doit déboucher sur des actions correctives.
La jeunesse, c’est quelque 760 000 garçons et filles de 15 à 25 ans. À la journée « défense et citoyenneté », environ 8% des jeunes ont des difficultés à lire, écrire et compter. Quelques 100 000 élèves quittent, chaque année, le système scolaire sans diplômes, formant un stock de 2 millions de jeunes “décrochés”. Simultanément, une jeunesse  privilégiée, venant de familles aisées, unies, cultivées, de classes moyennes ou supérieures, habitant de grandes villes, a toutes chances de réussir bonnes études et vie active.

À l’opposé, les défavorisés naissent dans des zones périphériques ou rurales sous équipées, dans des familles mal logées, éclatées, confrontées à plusieurs cultures dont elles  connaissent mal les valeurs respectives. Cette jeunesse risque de vivre dans la précarité,
car il est très difficile de sortir de sa condition, sauf rencontre avec des personnages exceptionnels ou parcours dans un contexte de croissance et de prospérité.

Fin 2017, le Comité a constaté que la plupart des initiatives égratignent la surface des choses, par manque de crédits et de sélection de candidats à potentiel, volontaires et motivés. Les autres ont toutes les chances d’être la proie de recruteurs du crime organisé, de l’économie souterraine, des prêcheurs de la radicalité islamique / salafiste et de créer une hybridation de la menace : la fusion des malfaiteurs politiques et du banditisme de droit commun qui finance le terrorisme avec l’argent du crime.

À cette hybridation de la menace, liée au refus de voir et au déni de réalité, doit correspondre une hybridation des réponses : interdisciplinarité, décloisonnement des bureaucraties, croisement des savoirs, volonté d’agir pour réunifer la France et reconquérir les territoires perdus de la République. La jeunesse privilégiée (ANAJIHEDN) et ceux qui l’entourent (prochain Service national universel), doivent transformer l’esprit de défense, en esprit de résistance.

En juin 2018, une conférence organisée par notre comité à l’École militaire permettra de découvrir les actions correctives qu’il propose.

Maryse Viseur

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