2017- Autonomie stratégique de la France : la diplomatie navale, un des acteurs de cette autonomie

Le Comité a achevé son cycle d’auditions en recevant récemment le général Alexandre LALANNE-BERDOUTICQ, l’ambassadeur Serge SEGURA et le capitaine de vaisseau Yves POSTEC.

Ces interventions ont porté notamment sur les changements intervenus depuis le dernier Livre blanc: apparition de Daech (Organisation de l’État islamique), retour de la Russie sur la scène internationale et l’océan Pacifique, situation de «puissances de la zone Pacifique» de la Russie, des USA et de la Chine, alors que la France y est peu visible, bien que s’y trouve la plus grande partie de sa ZEE (Zone économique exclusive).
La visibilité d’une marine est un outil diplomatique fort. Aussi la France se doit-elle d’être plus présente afin d’y défendre ses intérêts et rayonner. Alors que la Chine, puissance centripète, entend s’installer aux endroits où elle ne rencontre pas d’opposition, la diplomatie navale de la France doit se conjuguer avec une forte présence de sa marine nationale dans cette région, afin de peser dans ces 
différents «bras de fer», à l’instar de sa puissance reconnue en Méditerranée et sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest.

Une telle politique nécessite d’importants moyens financiers et humains, investissements nécessaires pour que la France garde, en Extrême-Orient, son rang de grande puissance.
La diplomatie navale comprend deux composantes:
– La diplomatie navale permanente. Outre un symbole fort, la présence navale française, dans une région où elle arbore son pavillon, démontre notre intérêt pour les pays riverains. Les escales font partie de cette diplomatie navale, la motivation principale étant de nouer ou de renforcer des relations diplomatiques.
– La diplomatie navale de crise. Elle s’opère lors de catastrophes naturelles (Tsunami), permet de protéger nos propres ressources, constitue une manifestation de puissance (présence du porte-avions) et demeure indispensable pour notre liberté de circulation sur l’ensemble des mers du globe.

Notre patrimoine maritime, mers et océans, prend aujourd’hui de plus en plus d’importance dans la diplomatie française. La diplomatie des océans couvre trois thèmes dans les relations internationales:
– les crises en mer et le maintien de l’ordre sur les océans;
– la gouvernance des océans au sein des différentes organisations internationales, conférences et conventions concernant les mers régionales;
– l’économie bleue, dont l’importance est croissante.

En forme de conclusion: la vision de Cromwell, pour qui la marine de guerre anglaise était le meilleur des ambassadeurs, pourrait être source d’inspiration.
Le Comité a engagé la rédaction de son rapport de 
synthèse, rendu le 23 juin à l’Union IHEDN, en vue de la restitution générale des rapports des associations régionales au Forum national des auditeurs du 9 décembre, à Paris, organisé par l’AR Paris Ile-de-France.

Jean-Louis COVILLE

Rapport autonomie stratégique

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