Voyage d’étude en Grande-Bretagne en octobre 2018 sur le BREXIT

VOYAGE ÉTUDE A LONDRES 14 au 19 octobre 2018
«Les relations France/Grande Bretagne/Europe après le BREXIT»

Lire notre rapport du  voyage d’études à Londres :« Les relations France / Grande-Bretagne / Union Européenne post-Brexit » cliquez ici

Une trentaine d’auditeurs de notre association et d’autres associations de l’Union IHEDN (nationale et Europe), ont participé au voyage d’étude annuel que nous avons organisé à Londres sur «les impacts post Brexit sur la France, le Royaume-Uni et l’Europe».

Des éclairages nombreux et variés ont éclairé nos réflexions: lors de rencontres avec les conseillers de l’ambassade de France et de l’ambassadeur Jean-Pierre Jouyet; à la Chambre des Communes et celle des Lords; in situ au régiment 4 Riffles à Aldershot et à l’Académie royale militaire de Sandhurst (grâce à l’attaché de défense britannique en France le Brigadier-général Rob Thomson – auditeur de l’IHEDN); enfin avec des membres de la société civile (Think Tank Policy Institute at Kings College, représentant de la City de Londres, président des conseillers du commerce extérieur de la France, et directeur du National Army museum), sans oublier les discussions amicales au Cavalry & Guards Club, au Special Forces Club et autres «rooftops».

Le Brexit est un thème brûlant qu’une majorité de citoyens britanniques – essentiellement hors du «Grand Londres» et d’Écosse – a engagé par référendum le 23 juin 2016. Depuis, ce sujet remplit les journées du gouvernement et des politiques. Il impactera certainement les grands projets communautaires (Galileo, où l’investissement britannique, significatif dans le passé, ne permettra plus a priori une participation aux instances dirigeantes dans le futur), les orientations structurantes et stratégiques (le «nucléaire» porté en Europe seulement par la Grande Bretagne et la France), les entreprises de toute taille impliquées, malgré elles, dans ce processus (Airbus et ses 40 000 employés en terre britannique).

Les médias ressassent sans cesse la situation. Et tout cela a lieu au détriment des dossiers de fond – NHS (National Health System), sécurité intérieure, éducation, communautarismes – pouvant peser sur la cohésion du pays à plus long terme.

«Brexit means Brexit» a dit la Première ministre Theresa May: il n’y a donc pas de «soft» ou de «hard» Brexit, il y a d’abord à traiter, dans le respect du droit communautaire, la fn des accords d’adhésion engageant les parties depuis 1973. Depuis leur adhésion initiale, les Britanniques – dont la conception de l’UE et du partenariat est pragmatique et économique, parfois éloignée du grand dessein initial des «pères fondateurs» – ont sans cesse négocié avec l’UE des clauses «d’opt-out». Le Brexit n’apparaît donc pas comme un accident de parcours, mais plutôt la conséquence d’un processus de désengagement depuis le fameux mot de Margaret Thatcher («I want my money back »), malgré de longues périodes politiques où le gouvernement britannique a soutenu l’Europe.

L’image de modernité et d’ouverture de la Grande Bretagne depuis 1990 sera certes atteinte. Les conséquences économiques seront significatives sur des pans entiers d’activités. Mais le Royaume-Uni est – et restera – un grand pays (66 millions d’habitants, membre du G7, du Conseil de sécurité de l’ONU, 5è économie mondiale, grande puissance nucléaire et de défense, membre de l’OTAN, montrant une grande résilience historique même en dehors de l’UE).

Un modèle innovant de relations avec l’UE restera à réinventer par une classe politique britannique qui devra se rénover. Désaccords bilatéraux seront à renforcer – tels ceux avec la France autour de la Défense (accords de Lancaster House), de la cyber, de l’action antiterroriste et du renseignement.

Le Brexit pourrait même avoir des aspects bénéfiques: pour la Grande Bretagne, un traitement de la situation en Irlande Nord et Sud ; pour l’UE, une prise de conscience sur la perception négative des citoyens de l’Union, afin d’améliorer son fonctionnement et son image et éviter à certains pays de vouloir également sortir de l’Union ; pour la France, l’arrivée de nouveaux acteurs financiers sur la place de Paris, rééquilibrant l’omniprésence de la City.

Le 29 mars 2019 prévu pour la séparation est très proche. Theresa May pourrait en faire les frais politiques, mais aucun autre leader ne semble aujourd’hui être à même de piloter avec habilité la situation  pour une sortie gagnante-gagnante pour les parties prenantes. A suivre.

Et un grand merci à ceux qui ont contribué à la réussite du voyage.

Jean-Marc Schaub