Conférence de Pierre Colomina le jeudi 24 mai 2018

Le Comité Industrie de Défense de l’ANAJ-IHEDN et l’association des auditeurs IHEDN région Paris île-de-France vous convient à la conférence de Pierre Colomina du jeudi 24 mai 2018 (19h30 à 21h00) à l’amphithéâtre Desvallières de l’Ecole Militaire .

Industrie de défense franco-allemande : modèle de mariage européen ?

Pour vous inscrire Cliquez ici

« La France et l’Allemagne sont essentiellement l’Europe. L’Allemagne est le cœur ; la France est la tête. » Tandis que l’Union Européenne post-Brexit tend à se rapprocher aujourd’hui de cette description de Victor Hugo, qu’en est-il plus spécifiquement de la relation entre les deux pays dans le domaine de l’industrie de Défense ? Quelles en sont ses enjeux et son avenir ?

La coopération industrielle franco-allemande, dont l’essence remonte au Traité de l’Elysée (1963), s’est concrétisée dans différents secteurs : Hot et Milan pour les missiles, Transall et A400M pour les avions, Tigre et NH90 pour les hélicoptères, MALE RPAS dans le domaine des drones. Mais elle a également connu des échecs, dont le plus marquant reste la sortie de la France du programme Eurofighter en 1985.

L’élection d’Emmanuel Macron en 2017 a marqué une accélération des projets de coopération entre les deux pays. Aux programmes déjà lancés, viennent s’ajouter le projet de char futur MGCS [Main Ground Combat System] visant à remplacer les Leopard 2 allemands et les Leclerc français ; une première déclaration d’intention dans le domaine des avions de patrouille maritime [Maritime Airborne Warfare System] ; la formalisation des besoins militaires du Système de combat aérien futur (SCAF) dans sa partie avion de combat pour un horizon à 2040.

Au-delà du couple France-Allemagne, la concrétisation de programmes militaires viables pourra, par agrégation d’autres pays partenaires ou clients, contribuer au renforcement de capacités industrielles européennes actuellement dispersées.

Mais de nombreuses pierres d’achoppements viennent dès à présent tempérer cet optimisme : nécessité de prendre en compte les équilibres entre les deux bases industrielles et technologiques de défense ; capacité à maintenir les conditions politiques favorables à cette coopération sur les 20 à 30 années que dureront ces programmes ; effets collatéraux d’autres choix tant en termes financiers que capacitaires : réalité de l’augmentation des budgets de Défense des deux côtés du Rhin, renouvellement de la flotte de Tornado, politique d’exportation des matériels de guerre, etc.

——-

Pierre Colomina est chercheur à l’IRIS, spécialiste de la politique de défense des Etats européens et l’industrie de l’armement, notamment l’industrie navale. Il s’intéresse par ailleurs à l’évolution géopolitique de la région des Balkans occidentaux, ainsi qu’à la politique de défense des Etats de l’Europe de l’Est. Il participe aux programmes « Industries de défense et de sécurité » et « Europe et stratégie » de l’IRIS.
Titulaire d’un Master 2 de relations Internationales à Sciences Po Toulouse et du diplôme privé d’études supérieures (bac +5) en Défense, sécurité et gestion de crise d’IRIS Sup’, il est auditeur de la 98e session de l’IHEDN-jeunes et membre de l’ANAJ-IHEDN.
Pierre Colomina a été chargé de mission au sein du Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN) de 2015 à 2017. Dans ce cadre, il a participé à l’organisation du salon Euronaval 2016 et du salon SOFINS 2017, et a été chargé d’études au profit des adhérents du syndicat.

PARTAGER